Cela aurait pu être une balade ordinaire, elle avait quitté sa chambre quelques heures plus tôt avec l'espoir d'aérer ses idées, de relâcher la pression qu'elle sentait peser sur ses épaules. Trop de travail et trop peu de temps. Le soleil poursuivait sa course filant vers l'horizon. Ses pas la menèrent sur les bords de la Loire où serpentent un chemin entouré d'arbres et de verdure. Elle avance en contemplant l'eau qui s'écoule en sens inverse faisant fi des obstacles. Elle est rêveuse, imaginant faire de même avec les écueils de sa vie. Devenir fluide, légère, aqueuse...
Le vent tendrement caresse sa peau, la frôle et joue avec ses sensations. Elle sent son c½ur s'apaiser, battre aux rythmes de ce contact ; ses battements s'envolent avec lui. Ses pas respirent la nature et leur rythme s'accorde aux mouvements du saule pleureur.
Comme à chaque fois qu'elle sort de chez elle, elle a pris son appareil photo. Attentive, elle pose un regard d'enfant sur ce qui l'entoure, un regard sans cesse renouvelé pour ne rien perdre du grand ballet. Ce spectacle de la nature qui l'enveloppe. Elle ressent la respiration des arbres, leur vibration, cette sève qui coule en eux, source de vie. Elle pose une main sur l'un des troncs et le fourmillement d'existences lui chatouille la peau.
Elle se sent apaisée, équilibrée, juste entre ciel et terre, comme un fil qui les relierait. Ses pieds bien ancrés dans le sol et ses paumes de mains ouvertes, elle ressent ce trajet dans son corps qui unit le firmament à ses racines. Elle laisse ses tensions glisser vers le sol pour être renouvelées. Elle fait partie de cette nature, de ce qui vit et meurt entre ciel et terre.
Au détour du chemin, se présente à elle, une scène aussi inattendue que magnifique. Elle contemple ce ballet que la nature lui offre tel un reflet à son éternité. Elle frissonne, ils tourbillonnent. Insouciants à sa présence, ils effleurent la surface de l'eau dans une chorégraphie que la vie a écrite pour eux, chacun à sa place sans jamais se heurter.
Une larme coule sur sa joue, spectatrice subjuguée,... elle a pris une photo.
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